Participer à un dimanche à la chasse

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Le mot du président

Le combat que l’on m’avait promis perdu d’avance !

Voilà un peu plus de quinze ans, je mobilisais les chasseurs pour la défense d’une de nos traditions de chasse, celle de la chasse du grand gibier au chien courant. Vous en conviendrez, les chasseurs marchent moins vite qu’un sanglier et une meute. Le jour où j’ai décidé de préserver la possibilité de se déplacer en voiture d’un poste de tir à un autre en cours d’action de chasse a fait date.

J’ai tout entendu à cette occasion, depuis le prétendu massacre du dernier sanglier qui provoquerait l’extinction de l’espèce, à la sacro-sainte éthique de ceux qui n’aiment pas les chiens courants, en passant par le risque d’écraser veaux, vaches et poulets, y compris la fermière de chaque hameau traversé par les chasseurs… J’ai surtout entendu que cette cause était perdue. Qu’il fallait évoluer avec son temps et chasser autrement. Oui autrement ! Mais pourquoi diable autrement, me direz-vous ? Peut-être tout simplement faut-il voir là le dogmatisme bien-pensant de tout ce que les institutions de la chasse, les administrations et les services de police d’alors pouvaient compter comme sympathisants d’une vision uniformisée et monolithique de la chasse française. Dans une petite niche législative, en ce début des années 2000, ils venaient de trouver l’occasion de mettre fin à une chasse du sanglier bien typique du Sud-Ouest, telle qu’elle s’y pratique traditionnellement. Beaucoup m’ont conseillé alors de faire l’autruche et d’accepter. Et puis… il se passe toujours du temps avant que la réglementation s’applique vraiment…

Il n’en était pas question !!! J’ai pris mon bâton de pèlerin, avec le soutien de bon nombre de sociétés de chasse du département et l’appui de quelques-uns de mes collègues présidents de fédérations départementales, pour porter jusqu’à Paris la défense de ce qui était, soi-disant, l’indéfendable et l’indicible. Le député d’alors, que connaissent bien les agenais, Jean DIONIS du SEJOUR, s’est fait fervent défenseur de notre chasse à l’Assemblée nationale. Le directeur de l’établissement public ONCFS a bien voulu nous accorder sa confiance. Et c’est ainsi que nous avons construit, pas à pas, un système dérogatoire lot-et-garonnais que plusieurs départements du Sud ont copié, à ma plus grande satisfaction. Il était encore bien trop tôt pour crier victoire. Ceux qui m’ont suivi dans cette aventure le savent et, comme moi, ils ont parfois eu la fâcheuse déconvenue d’en faire les frais. Mais la conviction force la raison et nous sommes parvenus, non sans prendre des coups, à faire reconnaître notre spécificité jusqu’à Paris et bien au-delà.

Si le cours de l’histoire montre que votre fédération a eu raison de ne pas baisser les bras, il est des moments où quelques lignes au détour d’un paragraphe d’une note du Ministère de l’environnement retentissent comme une reconnaissance inespérée. Au mois de janvier dernier, le Ministère précisait dans ses consignes qu’il donnait aux Préfets de France pour la mise en œuvre de la prolongation du sanglier en mars, que la chasse en battue aux chiens courants est considérée comme le mode de chasse le plus efficace pour prélever des sangliers. Alléluia !

Mais rien n’est jamais gagné définitivement. Voici quelques mois déjà que nous travaillons au plus près avec les instances nationales pour éviter de nouvelles réglementations fâcheuses. L’obligation, qui nous a été faite par le législateur, en juillet dernier, de poser des panneaux sur les voies publiques lors des chasses collectives au grand gibier, pourrait devenir une lourde contrainte. Autre front, les attaques de nos opposants contre nos chasses traditionnelles à la palombe et à l’alouette, la vénerie sous-terre et la vénerie constituent un véritable péril. Alors, comme d’habitude, nous ne lâcherons rien !

Le président,

Michel AUROUX.