Participer à un dimanche à la chasse
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Le mot du président

La place de l’homme, des animaux et du chasseur ?

L’animal est un être sensible envers qui nous avons des obligations et des responsabilités morales. Ces jours-ci, touche à sa fin le mandat du Gouvernement qui a bien pris soin de l’inscrire au Code civil, et ce n’est pas rien. Un certain nombre de nos concitoyens, végétariens, végétaliens, végans mais aussi d’autres qui souhaiteraient franchir le pas, admiratifs de tant d’abnégation, ne veulent pas tuer des animaux pour se nourrir et pensent que la viande n’est pas une nourriture nécessaire. Cela est respectable et ils sont libres de penser et de vivre comme ils le souhaitent. Par contre je suis gêné et très inquiet lorsque le débat vire au ridicule. Au ridicule de notre point de vue mais pas pour tout le monde.

Il serait scandaleux de tuer des animaux pour les manger, un crime même. Les courants de pensée qui gravitent autour du véganisme portent ce message, prêchent en haut lieu et ils parviennent à convaincre jusque dans les sphères citadines, là où les décisions se prennent. Coupés des racines paysannes, au point de ne plus percevoir la différence entre l’animal domestique, compagnon et confident de tous les instants, l’animal de rente, créé et élevé pour servir l’homme et l’animal sauvage, providence divine de tous les temps. De tout temps consommer de la viande a repoussé certains et procuré tant de joies aux autres mais jamais le débat autour de la consommation de viandes n’a été aussi prégnant.

On ne mange pas seulement de la viande mais un animal. Des courants philosophiques considèrent qu’il n’y a pas de différence de nature entre l’homme et l’animal mais seulement une différence de degré. Pour autant que ces théories puissent mériter considération, il n’est en rien blasphématoire de ne pas se convertir à ce dogme naissant sur les bases héritées d’une protection exacerbée de la nature et du désormais bien-être animal. Perpétuer les traditions n’est pas une fin nécessaire en soi mais les abandonner ne l’est pas non plus. Les repères ont du bon !

La vache grasse est heureuse l’été dans son pré, autant qu’elle l’est l’hiver dans son étable. Le gibier est heureux dans nos campagnes comme dans nos forêts. L’homme leur donne la mort, parfois et ce, depuis toujours. Il est seul à connaître cet instant qui en précède un autre. Après les avoir chassés ou élevés avec cœur et respect, vient le bonheur de les déguster, réunis autour d’une belle table, dans un moment d’amitié conviviale, lors d’une réunion de famille qui rassemble les générations ou encore dans un de nos restaurants.

À Noël dernier, votre fédération, en partenariat avec la fédération nationale et grâce à l’aimable soutien du Conseil départemental, a lancé la campagne de communication « Partez à la chasse au saveur ». Cette joie de partager un bon repas autour d’une viande de gibier fait partie de la chasse et elle peut recréer les liens perdus avec beaucoup de non-chasseurs. C’est aussi en osant affirmer ce que nous sommes que nous ne perdrons pas la bataille, disons plutôt la nouvelle guerre idéologique qui se profile depuis quelques années déjà. Paraphrasant nos amis agriculteurs, je pourrais vous écrire : « Pour sauver un chasseur, mangez un végan ! » Je pourrais aussi vous expliquer : « Pour sauver la chasse, chassez ceux qui s’allient systématiquement avec les courants idéologiques et politiques qui veulent notre perte et n’aidaient pas à accéder au pouvoir d’autres, différents, qui n’ont jamais gouverné encore mais qui le pensent si fort sans le dire ! »

Le vice-président délégué,

Christian BAUDAS.